Qu’est-ce qu’une personne HPE ou Haut Potentiel Émotionnel ?

La question des Haut Potentiel Emotionnel est aujourd’hui au coeur de nombreuses discussions. Pourtant cette catégorie non reconnue officiellement par les instances de santé mentale, parle à de nombreuses personnes qui se ressentent différentes des autres, plus sensibles, plus emphatiques et plus vulnérables aussi…
Aude-Valérie Jung, coach et thérapeute spécialisée en hypersensibilité et hauts potentiels, nous explique comment savoir si l’on est HPE et comment en faire un atout dans sa vie.

Alors je vais répondre en fait déjà dans le cadre que l’on connaît actuellement.

Effectivement, ce n’est pas reconnu. Il n’y a pas de consensus en termes de psychologie. Donc ce que je vais donner comme éclairage, c’est une vérité qui n’est pas en soi absolue. Déjà, le terme date des années  2012 par une psychanalyste qui s’appelle Raymonde Hasan et qui a fait une thèse en fait là-dessus.

Cette notion de hauts potentiels actuellement, elle est vraiment relative à la notion de quotient intellectuel. Donc on parle classiquement des HPI. Mais pour elle, il y avait deux fonctionnements différents c’est-à-dire il y avait plutôt les personnes qui étaient dans le côté très intellectuel, logique, raisonnement, donc elle qualifie d’intelligence froide, plutôt masculine et le côté haut potentiel qui est plus dans l’intuitivité, la créativité qui est plutôt l’intelligence, plutôt féminine. donc ça, c’est déjà une première chose. Moi, dans ma vision, quand je parle de potentiel émotionnel, je rattache à la notion de compétence de l’intelligence émotionnelle.

Alors là aussi, il y a beaucoup de débats : est ce que vraiment l’intelligence émotionnelle, c’est une autre forme d’intelligence. Ou est ce que c’est une fonction cognitive qu’on a, qui fait partie d’une intelligence générale ? Bref, je pense que le débat est ouvert et il y a beaucoup d’études en recherche qui sont faites.

Mais si on regarde un petit peu ce que l’on sait de l’intelligence émotionnelle, en fait, ça passe par trois facultés. Faculté d’arriver à identifier ses émotions. Souvent c’est vraiment un mélange, une soupe émotionnelle, on ne sait pas du tout ce qui nous arrive, ce qui se passe.

Deuxième faculté, c’est arrivé en fait à transposer cette identification, des émotions en compréhension. Pourquoi ça vient me toucher ? Qu’est ce qui réagit à l’intérieur de moi? Et la troisième faculté, ça va être d’arriver, de transposer cette compréhension en compétence. C’est-à-dire comment je peux m’en servir pour agir à la fois pour moi de façon juste, mais aussi pour interagir, en prenant en compte mon individualité, mais aussi celles des autres et donc finalement d’avoir une dimension collective.

Dans cette intelligence émotionnelle, le docteur Reuven Bar-On a créé une roue de compétences de l’intelligence émotionnelle. On va avoir cinq familles de compétence de l’intelligence émotionnelle, chacune de ces familles va avoir trois indicateurs.

Quand on va passer les fameux tests de quotient émotionnel on va voir des scores dans ces différents indicateurs. Ce qui est important justement, c’est que c’est une roue. Donc c’est un processus qui n’est pas linéaire. En fait, on va on va voir que dans ces familles, on a déjà la famille de perception de soi justement, donc la conscience de soi qui va nous permettre ensuite de nous exprimer. La façon dont se perçoit, bien s’exprimer, de telle ou telle façon, ce qui va nous permettre de rentrer en relation avec les autres donc la famille des relations humaines, ce qui va nous permettre aussi de prendre des décisions et enfin de mieux gérer le stress. Etc…

Dans ces familles ont peut avoir des scores plus haut que les valeurs moyennes considérées actuellement pour la population. C’est là, on peut parler effectivement de hauts potentiels par rapport à une compétence de l’intelligence émotionnelle.

Maintenant le score en soi dans l’absolu veut pas forcément dire grand chose parce qu’on a des profils hétérogènes. On peut être très long dans une compétence, mais comme les compétences sont reliées en fait les unes aux autres, ce qui est aussi intéressant, c’est d’analyser les écarts.

Il y a vraiment une dynamique des compétences. Je vais prendre un exemple. On peut avoir une compétence relations humaines très haute, mais si notre compétence affirmation de soi est très basse, concrètement, dans notre vie, on va le vivre assez mal. Il y aura peut-être par exemple, la peur du conflit, le sentiment d’infériorité, le fameux syndrome de l’imposteur qui fait que on a une fluidité avec les personnes, mais sans finalement oser se dire.

Et donc on retravaille finalement cet équilibre. Alors comment ça se fait ?  Il y a des compétences naturelles qu’on a et justement par exemple l’empathie qui peut très bien sortir en compétences haute. Et donc l’affirmation de soi est aussi liée d’après cette méthode, à la compétence empathie. Donc, sachant que on a une capacité de prendre en compte aussi la, la vie de l’autre, la perception de l’autre finalement on peut aussi oser plus s’affirmer parce qu’on sait qu’on ne va pas aller dans l’écrasement de l’autre ou dans le  sentiment de supériorité parce qu’on a cette capacité là.

Donc c’est intéressant, au-delà des scores dans les valeurs absolues d’aller vraiment voir les, les dynamiques des compétences et l’analyse des écarts à ce niveau-là.